KPI publicité digitale : la plupart des comptes publicitaires en suivent trop, et rarement les bons. Les régies affichent des dizaines de colonnes, chaque outil calcule son propre ROAS, et le reporting mensuel finit en tableau de chiffres que personne n'utilise pour décider. Ce guide pose une hiérarchie simple : les indicateurs qui pilotent la croissance, ceux qui jugent chaque canal, ceux qui mesurent le mix multi-plateforme, ceux qui diagnostiquent, jusqu'aux KPI créatifs. Et la méthode pour les suivre sans se fier aux seuls chiffres des régies.
Les KPI essentiels en publicité digitale : la réponse courte
Un KPI en publicité digitale est un indicateur chiffré qui sert à prendre une décision sur un investissement publicitaire. S'il ne déclenche aucune décision, c'est une statistique, pas un KPI.
Les indicateurs utiles se rangent sur trois niveaux, reliés par une couche interplateforme. Chacun répond à une question différente.
• Niveau 1, les KPI business : MER, coût d'acquisition client (CAC), valeur vie client (LTV), marge. Ils répondent à une seule question : la publicité fait-elle grandir l'entreprise de façon rentable ?
• Niveau 2, les KPI de canal : ROAS, CPA, coût par lead qualifié, coût par opportunité. Ils disent si chaque canal fait le travail qu'on lui a confié.
• La couche interplateforme : taux de sur-attribution, part de nouveaux clients, share of search, coefficient d'incrémentalité. Ils mesurent le système, là où chaque régie ne voit que son silo.
• Niveau 3, les KPI de diagnostic : CPM, CTR, CPC, taux de conversion, fréquence, et les KPI créatifs (taux d'accroche, taux de maintien, fatigue). Ils expliquent pourquoi un chiffre des niveaux supérieurs bouge.
La règle qui en découle : on pilote par le haut, on diagnostique par le bas. Un CTR qui progresse n'est une bonne nouvelle que si le CAC suit.
Pourquoi les KPI des plateformes ne suffisent pas
Chaque régie mesure sa performance avec ses propres règles : sa fenêtre d'attribution, ses conversions modélisées, ses conversions après affichage. Google, Meta et LinkedIn peuvent tous s'attribuer le même achat. Additionnez leurs conversions déclarées, et vous obtenez souvent un total supérieur aux ventes réellement enregistrées dans votre back-office.
Ce n'est pas de la fraude, c'est la conséquence logique d'une mesure en silo. Mais piloter un budget sur cette base revient à récompenser les canaux qui récoltent la demande et à pénaliser ceux qui la créent. Notre article sur l'attribution marketing et le vrai parcours client détaille comment se construit ce double comptage.
Le biais dépasse le cadre des régies. Le CMO Spend Survey 2026 de Gartner observe que les dépenses de fidélisation et de rétention ont reculé de 29 % depuis 2024, pour tomber sous 15 % des investissements média. Les analystes y voient le risque d'un pilotage qui surpondère les canaux les plus faciles à mesurer et à automatiser. Quand les outils dictent le choix des KPI, c'est la stratégie qui s'adapte à l'outil, et non l'inverse.
D'où notre conviction : les KPI publicitaires se lisent en vision 360. Les canaux sont complémentaires. Chacun doit être jugé sur son rôle propre et sur sa contribution à un résultat commun, pas contre les autres sur le même indicateur.
Niveau 1 : les KPI business qui pilotent la croissance
Ces indicateurs se calculent hors des régies, à partir de vos données de vente. Ce sont eux qui arbitrent, en dernier ressort, entre augmenter, maintenir ou couper un budget.
Le MER, l'indicateur de santé globale
Le MER (Marketing Efficiency Ratio) est le chiffre d'affaires total divisé par la dépense marketing totale sur la même période. Avec 400 000 € de chiffre d'affaires et 80 000 € de dépense, le MER vaut 5.
Le MER ne dit pas quel canal fonctionne. Il dit si l'ensemble fonctionne, et il échappe aux querelles d'attribution entre régies. Si chaque plateforme annonce un meilleur ROAS alors que votre MER baisse, vos canaux se disputent les mêmes clients.
Le CAC, le coût d'un nouveau client
Le coût d'acquisition client (CAC) est la dépense d'acquisition divisée par le nombre de nouveaux clients sur la période. La nuance qui change tout : nouveaux clients, pas commandes. Un ROAS gonflé par les réachats de clients existants peut masquer un CAC qui dérape.
Distinguez deux versions. Le CAC payant rapporte la dépense publicitaire aux nouveaux clients issus de la publicité. Le CAC global, ou blended, rapporte toute la dépense d'acquisition à tous les nouveaux clients, quel que soit leur canal d'arrivée. Le second est moins flatteur, et plus honnête.
La LTV et le délai de remboursement
La LTV (lifetime value) est la marge brute qu'un client génère sur toute sa durée de vie. Calculez-la en marge, pas en chiffre d'affaires : un client à 1 000 € de chiffre d'affaires et 30 % de marge ne vaut que 300 € quand il s'agit d'arbitrer un CAC.
Le ratio LTV/CAC dit combien un client rapporte pour chaque euro dépensé à l'acquérir. Le délai de remboursement, ou payback, dit en combien de mois sa marge rembourse son coût d'acquisition. Pour une entreprise qui finance sa croissance sur sa trésorerie, le second compte souvent plus que le premier.
La marge, le juge de paix
Le ROAS ignore vos coûts. Le POAS (profit on ad spend) rapporte la marge brute générée à la dépense publicitaire. Un POAS supérieur à 1 signifie que la marge brute couvre la dépense publicitaire. Sur un catalogue aux marges hétérogènes, deux campagnes au même ROAS peuvent avoir des rentabilités opposées.
Niveau 2 : un KPI par rôle de canal
Comparer Google Ads et Meta sur le même indicateur mène presque toujours à la mauvaise décision. Les canaux ne font pas le même métier : certains captent une demande qui existe, d'autres la créent, d'autres atteignent une cible nommée. Notre guide quelle plateforme publicitaire choisir détaille ces rôles. Chaque rôle appelle son propre KPI de pilotage.
Trois définitions à garder en tête :
• Le ROAS (return on ad spend) est le chiffre d'affaires attribué à une campagne divisé par sa dépense. Il est utile à l'intérieur d'un canal, trompeur entre canaux. Son calcul et son seuil de rentabilité sont détaillés dans notre guide ROAS : définition et calcul.
• Le CPA (coût par acquisition) est la dépense divisée par le nombre de conversions. Sa valeur dépend entièrement de ce que vous appelez une conversion.
• Le coût par lead qualifié ne retient que les leads acceptés par l'équipe commerciale. Le coût par opportunité va plus loin et ne compte que les leads entrés dans le pipeline de vente. En B2B, c'est le seul niveau qui permet de comparer honnêtement LinkedIn et le search.
Le piège que nous croisons le plus souvent en audit : le search de marque et le retargeting fondus dans le même ROAS que la prospection. Ces deux leviers convertissent des personnes qui vous connaissent déjà. Ils méritent leur propre ligne de reporting, sinon ils embellissent la moyenne et masquent la performance réelle de l'acquisition.
Les KPI interplateforme : mesurer le système, pas les silos
Un KPI interplateforme est un indicateur qui croise les données de plusieurs régies avec vos propres ventes. Il ne juge pas un canal, il juge la façon dont les canaux travaillent ensemble. C'est la couche qui manque à la plupart des reportings : chaque régie peut afficher une progression pendant que le système, lui, se dégrade.
Le taux de sur-attribution
Le taux de sur-attribution est la somme des conversions déclarées par toutes vos régies, divisée par les ventes réellement enregistrées dans votre back-office sur la même période. Exemple : Google déclare 520 ventes, Meta 410, TikTok 90, soit 1 020 au total. Le back-office en compte 780, toutes sources confondues, organique compris. Le taux vaut 1,31 : les régies revendiquent 31 % de ventes de plus qu'il n'en existe.
Un taux supérieur à 1 est la norme dans les comptes que nous auditons. Ce qui compte, c'est sa trajectoire. S'il grimpe quand vous ouvrez un nouveau canal, ce canal s'attribue surtout des ventes que les autres faisaient déjà. Diviser chaque ROAS par ce taux donne une première correction, grossière mais plus honnête que les chiffres bruts, en attendant des tests d'incrémentalité.
La part de nouveaux clients
La part de nouveaux clients est le nombre de premiers achats divisé par le nombre total d'acheteurs sur la période. Elle se calcule dans le back-office, au niveau global puis par canal d'arrivée. Google Ads et Meta savent aussi isoler les nouveaux clients dans leurs campagnes, à condition de leur transmettre vos listes de clients existants, avec un consentement valable.
C'est l'indicateur avancé de la croissance future. Un MER stable avec une part de nouveaux clients qui baisse signifie que la publicité recycle votre base au lieu de l'élargir. Le chiffre d'affaires tient ce trimestre, pas forcément le suivant.
Le share of search, thermomètre de la création de demande
Le share of search est la part des recherches portant sur votre marque dans l'ensemble des recherches de marques de votre catégorie. Présenté par Les Binet lors d'un événement de l'IPA en octobre 2020, il s'est révélé corrélé à la part de marché dans les trois secteurs étudiés, avec une tendance à la précéder, jusqu'à un an dans l'automobile. Les données viennent gratuitement de Google Trends.
C'est le KPI qui rend visible le travail des canaux de création de demande. Une campagne Meta, TikTok ou YouTube qui fonctionne finit par se lire dans le volume de recherches de marque sur Google, bien plus que dans son propre ROAS. Suivez-le chaque mois, en regard de vos investissements en haut de tunnel.
Le coefficient d'incrémentalité
Le ROAS incrémental (iROAS) est le chiffre d'affaires supplémentaire mesuré par un test, divisé par la dépense testée. Le coefficient d'incrémentalité rapporte ce iROAS au ROAS que la régie déclarait sur la même période. Un coefficient de 0,6 signifie que 60 % du chiffre d'affaires revendiqué par le canal est réellement dû à la publicité.
Ce coefficient transforme un test ponctuel en outil de pilotage quotidien : on continue de lire le ROAS de la régie, mais corrigé de son biais propre. Il se recalcule à chaque test, une à deux fois par an et par canal majeur. Le mécanisme est détaillé dans notre article sur le ROAS Meta et l'incrémentalité.
Le taux d'assistance par canal
Le taux d'assistance rapporte le nombre de conversions où un canal apparaît dans le parcours au nombre de conversions où il est le dernier clic. Le rapport des chemins de conversion de GA4 en fournit la matière. Un taux élevé désigne un canal d'amorce, sous-évalué par toute lecture au dernier clic. Un taux proche de 1 désigne un canal de clôture.
Limite à connaître : GA4 ne voit que les clics et les visites consenties. Une vidéo TikTok vue sans clic n'y laisse aucune trace. Le taux d'assistance sous-estime donc toujours les canaux d'attention, d'où l'intérêt de le croiser avec le share of search.
Niveau 3 : les KPI de diagnostic
Les indicateurs de diagnostic ne se pilotent pas pour eux-mêmes. Ils servent à expliquer un mouvement des KPI de canal.
• Le CPM est le coût pour 1 000 impressions. Il reflète la pression concurrentielle en enchère et la qualité perçue de vos annonces.
• Le CTR, ou taux de clic, est le nombre de clics divisé par le nombre d'impressions. Il mesure la capacité de l'annonce à capter l'attention.
• Le CPC est le coût moyen d'un clic. Il découle mécaniquement du CPM et du CTR.
• Le taux de conversion est la part des clics qui aboutissent à l'action visée. Il mesure la page, l'offre et la cohérence entre l'annonce et ce qu'elle promet.
• La fréquence est le nombre moyen d'expositions par personne touchée. Une fréquence qui grimpe à CPM stable signale une audience qui s'épuise.
Ces indicateurs sont reliés par deux équations simples. Le CPC égale le CPM divisé par mille fois le CTR. Le CPA égale le CPC divisé par le taux de conversion. Décomposer un CPA selon ces composantes permet de localiser un problème en quelques minutes.
Dans cet exemple, le CPA grimpe de 52 %. Le réflexe serait de toucher aux enchères ou de changer les créas. La décomposition montre que le média a à peine bougé : le CPM gagne 5 %, le CTR perd 4 %. C'est le taux de conversion qui décroche, donc la page, l'offre, le stock ou le tracking. Changer les annonces n'aurait rien réglé.
Méfiez-vous des benchmarks. Le rapport 2026 de WordStream et LocaliQ situe le CTR médian Google Ads à 6,64 % et le CPC médian à 5,42 $, sur plus de 13 000 campagnes search américaines suivies d'avril 2025 à mars 2026. Ces repères servent à détecter une anomalie grossière. Ils ne remplacent jamais la comparaison de votre compte avec lui-même dans le temps.
Les KPI d'analyse créative
Sur les régies sociales, la créa fait désormais une partie du travail de ciblage. Meta l'a documenté en présentant Andromeda, son moteur de sélection des annonces : il ramène des dizaines de millions de candidates à quelques milliers pour chaque utilisateur, et Meta y anticipe une forte hausse du volume de créas avec l'IA générative. Avec un ciblage de plus en plus large, c'est le contenu de l'annonce qui indique à l'algorithme à qui la montrer.
Conséquence : les KPI créatifs ne sont plus des indicateurs de forme. Ce sont des KPI de pilotage à part entière sur Meta et TikTok. Ils se lisent comme un entonnoir, de l'attention à la conversion, puis dans la durée.
Attention : le taux d'accroche
Le taux d'accroche (hook rate) est le nombre de lectures vidéo de 3 secondes divisé par le nombre d'impressions. Il mesure la capacité des premières secondes à interrompre le défilement. Sur TikTok, l'équivalent se calcule avec les vues de 2 et de 6 secondes. C'est l'indicateur le plus directement actionnable : quand il est faible, le reste de la vidéo n'a jamais eu sa chance.
Rétention : le taux de maintien
Le taux de maintien (hold rate) est le nombre de ThruPlays, c'est-à-dire de lectures d'au moins 15 secondes ou jusqu'à la fin, divisé par le nombre de lectures de 3 secondes. Il dit si le message tient la promesse de l'accroche. Complétez-le avec la durée moyenne de visionnage et la courbe de rétention, qui montre la seconde exacte où l'audience décroche.
Clic : le CTR sortant
Sur Meta, le CTR « tous » compte aussi les réactions, les commentaires et les clics vers le profil. Le taux de clic qui mesure l'intention, c'est le CTR sortant, calculé sur les seuls clics vers votre site. Une créa très commentée avec un CTR sortant faible divertit, mais ne vend pas.
Conversion : le coût par nouveau client par créa
Le CPA par créa ne suffit pas. Deux annonces au même CPA peuvent amener des clients très différents : l'une des primo-acheteurs au panier élevé, l'autre des clients existants venus profiter d'une promotion. Croisez chaque créa avec le panier moyen, la part de nouveaux clients et, quand le volume le permet, la valeur à 90 jours des clients qu'elle a amenés. C'est là que l'analyse créative rejoint les KPI business.
Durée de vie : la fatigue créative
La fatigue créative est la baisse de performance d'une annonce à mesure que la même audience la revoit. Elle se lit dans trois signaux simultanés : la fréquence monte, le taux d'accroche et le CTR baissent, le CPM grimpe. Sur les comptes que nous pilotons, nous suivons la demi-vie de chaque concept : le nombre de jours avant que son CPA dépasse de 30 % son niveau des deux premières semaines. Elle fixe le rythme de production à tenir.
Les KPI du portefeuille créatif
Au-delà de chaque annonce, c'est le portefeuille qu'il faut piloter.
• Le taux de réussite des tests : la part des nouvelles créas qui battent la référence du compte. Trop bas, la méthode de test est à revoir. Trop haut, c'est la référence qui est faible.
• La concentration de la dépense : la part du budget captée par les trois premières créas. Quand elle écrase le reste, le compte dépend de quelques annonces qui s'useront en même temps.
• La diversité des concepts : le nombre d'angles réellement différents lancés chaque mois, hors simples déclinaisons de format ou de couleur. Notre lecture terrain : dix variantes d'une même idée apportent moins à l'algorithme que trois idées distinctes.
• Les diagnostics de pertinence de Meta : classement de qualité, de taux d'interaction et de taux de conversion, chacun comparé aux annonces en concurrence pour la même audience. Utiles pour repérer une créa pénalisée, jamais suffisants pour décider seuls.
La combinaison de ces KPI localise le problème d'une annonce sans débat d'opinion.
Un angle qui gagne sur Meta se teste ensuite sur TikTok, sur YouTube ou dans les campagnes Demand Gen de Google. Les KPI créatifs sont aussi des KPI interplateforme : une bonne idée voyage d'une régie à l'autre, son exécution s'adapte à chaque format.
Les KPI de mesure qu'on oublie de suivre
Tous les indicateurs précédents reposent sur un tracking fiable. Or la qualité de la mesure est elle-même un indicateur, rarement suivi.
• Le taux de remontée des conversions. Comparez, pour chaque régie, les conversions au clic qu'elle déclare et les commandes que votre back-office rattache au même canal via les UTM. Un écart soudain trahit un tag cassé, une mise à jour du site ou un bandeau de consentement modifié, bien avant que le CPA ne le montre.
• La qualité de correspondance des événements. Sur Meta, l'Event Match Quality note de 0 à 10 la capacité de la plateforme à rattacher vos conversions à des comptes utilisateurs. Un score bas dégrade à la fois la mesure et l'optimisation. La mise en place côté serveur est détaillée dans notre guide Pixel Facebook et API Conversions.
• Le taux de consentement. Sans consentement, une partie des conversions n'est pas observée et les régies la modélisent. Suivre le taux d'acceptation de votre bandeau, par appareil, indique quelle part de vos chiffres est mesurée et quelle part est estimée. Les règles applicables, y compris pour les outils de mesure d'audience exemptés de consentement, sont celles fixées par la CNIL dans ses lignes directrices sur les cookies et autres traceurs.
Nous commençons chaque audit par ces trois contrôles. Inutile de débattre d'un CPA si le compte compte mal.
Comment suivre ses KPI publicitaires : la méthode
Le bon tableau de bord tient en une page. Au-delà, personne ne le lit. Quatre principes l'organisent.
Une source de vérité par niveau
Les KPI business viennent du back-office, du CRM ou de l'outil de BI, jamais des régies. Les KPI de canal viennent des régies, corrigés par vos tests. Les KPI de diagnostic restent dans les interfaces publicitaires. Mélanger ces sources dans une même colonne produit des chiffres que personne ne sait réconcilier.
Un rythme de lecture par niveau
• Chaque jour : dépense, anomalies de tracking, campagnes à l'arrêt. On surveille, on ne décide pas.
• Chaque semaine : KPI de canal, de diagnostic et KPI créatifs, pour repérer une dérive et décider de la rotation des annonces.
• Chaque mois : MER, CAC, part de nouveaux clients, taux de sur-attribution, share of search, réallocation du budget entre canaux. C'est le bon rythme pour décider, comme nous l'expliquons dans notre méthode de répartition du budget publicitaire.
• Chaque trimestre : LTV, payback, tests d'incrémentalité et mise à jour des coefficients, révision des objectifs.
Des objectifs reliés à l'économie de l'entreprise
Un CPA cible ne se décrète pas, il se calcule. Partez de la marge et de la LTV pour fixer le CAC maximal acceptable, puis déclinez-le en objectif par canal. Exemple : une marge brute de 60 € par commande et 2,5 commandes en moyenne par client donnent une LTV de 150 €. Avec un ratio LTV/CAC visé de 3, le CAC maximal est de 50 €.
Un objectif de ROAS fixé à 4 « parce que 4, c'est bien » n'a aucune valeur de pilotage.
Des tests pour corriger les chiffres déclarés
Les KPI de canal disent ce que chaque régie s'attribue. Seuls les tests d'incrémentalité disent ce qu'elle ajoute vraiment : couper ou doubler un levier sur une zone géographique pendant quelques semaines, puis mesurer l'effet sur les ventes totales. Un ou deux tests par an sur vos canaux principaux suffisent à recaler toute la lecture.
Quels KPI suivre selon votre profil
• E-commerce : MER, CAC nouveau client et POAS au niveau business ; taux de sur-attribution et part de nouveaux clients pour le mix ; ROAS par canal, hors marque et hors retargeting ; taux d'accroche, CTR sortant et demi-vie des créas sur le social.
• B2B et SaaS : CAC, payback et pipeline généré ; coût par opportunité plutôt que coût par lead ; taux d'assistance de LinkedIn et du social, que le dernier clic sous-évalue ; taux de qualification des leads, suivi avec l'équipe commerciale.
• TPE, PME et commerce local : coût par contact utile (appel, demande de devis, rendez-vous), chiffre d'affaires généré et MER simplifié. Deux ou trois indicateurs bien suivis valent mieux qu'un tableau de bord complet jamais ouvert.
Les erreurs de pilotage que nous voyons le plus en audit
• Additionner les ROAS des plateformes. Chaque régie s'attribue des ventes que les autres ont déclenchées. Le total ne correspond à aucune réalité.
• Confondre activité et résultat. Impressions, clics, abonnés : ce sont des indicateurs de volume, pas de performance.
• Juger un canal de création de demande au dernier clic. Une baisse de Meta se lit rarement dans Meta. Elle se lit quelques semaines plus tard dans les recherches de marque sur Google.
• Optimiser au coût par lead sans regarder la qualité. La régie trouvera toujours des leads moins chers, et souvent moins bons.
• Couper une créa après trois jours. Une nouvelle annonce sort à peine de sa phase de diffusion initiale. La juger si tôt revient à tester l'algorithme, pas l'idée.
• Changer d'indicateur à chaque réunion. Un KPI ne sert que s'il reste stable assez longtemps pour révéler une tendance.
Notre verdict
Les KPI essentiels en publicité digitale ne forment pas une liste à cocher. Ce sont trois niveaux reliés entre eux : des indicateurs business qui arbitrent, des indicateurs de canal qui jugent chaque levier sur son rôle, des indicateurs de diagnostic qui expliquent. Entre eux, une couche interplateforme mesure le système, et les KPI créatifs disent pourquoi une annonce gagne ou s'use.
Notre position est assumée : aucun canal ne doit être jugé seul, sur les chiffres qu'il produit lui-même. Google capte, Meta crée, LinkedIn cible, et la performance naît de leur complémentarité. Le seul tableau de bord qui tient part du chiffre d'affaires et de la marge, puis redescend vers les régies. L'inverse produit des reportings flatteurs et des décisions fausses. Le taux de sur-attribution, la part de nouveaux clients et le share of search sont les trois indicateurs qui manquent à la plupart des reportings que nous auditons.
FAQ
Quels sont les KPI les plus importants en publicité digitale ?
Les plus importants sont les KPI business : MER, coût d'acquisition client (CAC), valeur vie client (LTV) et marge. Viennent ensuite les KPI de canal, comme le ROAS, le CPA ou le coût par opportunité, choisis selon le rôle de chaque levier. Les CPM, CTR, CPC et taux de conversion servent au diagnostic. Ils expliquent les variations, mais ne doivent pas guider seuls les décisions budgétaires.
Quelle différence entre ROAS et MER ?
Le ROAS rapporte le chiffre d'affaires attribué par une plateforme à la dépense de cette plateforme. Le MER rapporte le chiffre d'affaires total de l'entreprise à la dépense marketing totale. Le ROAS dépend des règles d'attribution de chaque régie et peut compter deux fois la même vente. Le MER échappe à ce biais, mais ne dit pas quel canal performe. Les deux se lisent ensemble.
Qu'est-ce qu'un KPI interplateforme ?
Un KPI interplateforme croise les données de plusieurs régies publicitaires avec vos propres ventes pour mesurer le système d'acquisition dans son ensemble. Les plus utiles sont le taux de sur-attribution, qui compare les conversions revendiquées par les régies aux ventes réelles, la part de nouveaux clients, le share of search et le coefficient d'incrémentalité. Ils révèlent ce qu'aucun tableau de bord de régie ne montre seul.
Quels KPI suivre pour analyser une créa publicitaire ?
Analysez une créa comme un entonnoir. Le taux d'accroche mesure si les premières secondes arrêtent le défilement, le taux de maintien si le message tient, le CTR sortant si l'annonce donne envie d'agir. Le coût par nouveau client et le panier moyen par créa disent ensuite quels clients elle amène. Dans la durée, surveillez la fatigue : fréquence en hausse, accroche et CTR en baisse.
Comment calculer le CAC en publicité digitale ?
Divisez la dépense d'acquisition de la période par le nombre de nouveaux clients acquis sur la même période. Comptez des clients, pas des commandes, pour ne pas mélanger acquisition et réachat. Le CAC payant ne retient que la dépense publicitaire et les clients qu'elle a apportés. Le CAC global intègre toute la dépense d'acquisition et tous les nouveaux clients, quel que soit leur canal d'arrivée.
Quel est un bon taux de clic en publicité digitale ?
Il n'existe pas de bon CTR universel : il varie selon la régie, le format, le secteur et l'intention. Sur Google Ads, le rapport WordStream et LocaliQ 2026 situe le CTR médian à 6,64 % sur des campagnes search américaines. Les formats sociaux affichent des taux bien plus bas. Comparez surtout votre CTR à son propre historique, et toujours au regard du taux de conversion qui suit.
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